La valse fédératrice de l’association d’Ong TANGO

The Association of Non Governmental Organizations, TANGO, est une plate-forme qui regroupe 64 Ong gambiennes sur plus d’une centaine réparties dans l’ensemble du pays. TANGO est un mouvement : un rassemblement qui permet de passer des projets isolés à une action plus coordonnée, de l’expérience à l’intelligence collective et à la gouvernance.





Comment TANGO a-t-elle été mise en place ?

En 1983, les organisations non-gouvernementales n’étaient pas très nombreuses mais leur nombre commençait à augmenter. Nous avons alors pensé qu’il serait bon de nous regrouper. Un groupe a été constitué spontanément et a réuni quelques chefs de projet lesquels ont commencé à s’informer les uns les autres sur leur action respective en faisant fi de leurs batailles de chapelle. L’initiative est venue de Action Aid et de Christian Children Funds au même moment où le département gouvernemental du Comité de développement pour les Ong souhaitait former une association d’Ong. L’ambition du gouvernement était de mieux les inscrire dans le développement socio-économique du pays. Nous sommes donc allés voir le gouvernement et nous avons bénéficié de son soutien.


Quelles activités développez-vous ?

TANGO a un rôle de coordinateur, de formation et de conseil à différentes échelles. Nous avons un agrément ce coopération dans le cadre de la coopération Union Européenne-Afrique-Caraïbes-Pacifique (l’agrément de Cotonou) et avec la Commonwealth Fundation. Nous travaillons avec la CDAO notamment dans leur programme de construction de bâtiments pour la paix. TANGO peut faciliter le lien ou l’implantation d’une Ong en partageant son capital social. Par exemple sur la communication, si nous savons qu’une Ong a un bon bagage en communication, nous la mettons en lien avec une autre. Les organisations membres ne payent pas ce service, mais elles le font à travers leur adhésion. Nous organisons des dîners qui contribuent à consolider notre budget annuel de 800 000 dalachis (environ 30000 euro).

Nous sommes amenés à organiser des formations sur le financement, le management, le montage de projets. Nous produisons aussi un bulletin de liaison de 2-3 pages. Notre site web est en préparation. Nous réfléchissons actuellement à la location de nos locaux pour accueillir d’autres Ong qui pourront en même temps s’insérer dans la dynamique de la plate-forme. Cela nous permettrait d’assurer des revenus fixes. En effet, le gouvernement ne nous apporte pas de subventions et il nous est parfois difficile d’avoir des fonds. TANGO a un conseil d’administration de 9 personnes présidé par l’actuel directeur de Action Aid. Le personnel de TANGO est d’origine gambienne et guinéenne. Nous invitons le coordinateur de l’action des Ong du gouvernement gambien à notre assemblée générale pour qu’il puisse avoir un regard sur nos activités.

Par ailleurs, nous essayons d’organiser un forum de la société civile gambienne. Lors d’une précédente réunion, nous avons discuté autour du forum social mondial et du forum social africain. Le défi est important car il nous demande de mobiliser beaucoup de monde. La Banque mondiale et la Banque africaine, qui met en avant la participation de la société civile dans le développement, nous encourage dans ce sens. Nous sommes preneurs d’information sur la méthodologie d’animation de ces forums sociaux.

Nous nous insérons également avec nos partenaires sénégalais au sein du réseau Gouvernance Afrique. Ce réseau est en place en Gambie, au Sénégal, dans les deux Guinées, au Mali, en Mauritanie, au Burkina Faso, au Ghana, le Bénin. Notre démarche consiste à formuler des propositions en matière de gouvernance dans tous les domaines de la société. Pour cela, des groupes de travail que nous appelons collèges et réunissant des citoyens d’un même milieu socio-professionnels (médias, pêcheurs, femmes, jeunes) ont été formés, mettent en commun leurs expériences et en dégagent progressivement des propositions de changement. L’important pour nous est de dégager une structure de gouvernance capable de conduire un gouvernement responsable et un développement durable. Il s’agit bien de changements structurels et trois thèmes de travail ont été identifiés : la décentralisation, l’intégration régionale et la réforme de l’Etat. Nous avons produit un document et nous souhaitons le traduire de l’anglais vers le français. C’est un document fort car il prend en considération les relations d’ordre familiale, les relations à l’échelle du village et des régions. Il émane d’un processus collectif et il est une invitation pour les autres à travailler sur cette question.

Ensuite, il s’agira de diffuser largement ces travaux dans les autres pays africains. Nous avons d’ores et déjà identifié des structures dans les pays anglophones auxquelles nous pourrons envoyer ce document. A terme, nous aimerions organiser une rencontre continentale africaine ou à l’échelle des sous-régions sur ce thème.


Comment a été élaboré le document ?

Ce travail a été fait avec tous les collèges et un comité de rédaction qui a croisé toutes les expériences collectées grâce au support méthodologique DPH (lien). Tout le monde peut donc potentiellement participer au processus. On arrive ainsi à être à peu près représentatif de la diversité sociale. Nous voulons rendre ce document adoptable par tous et chaque collège du réseau est invité à traduire les principes du document dans son milieu respectif. Il faudrait que les concepts de la charte puissent être traduits dans la vie quotidienne. Il serait d’ailleurs intéressant de voir comment cette charte pourra affecter la vie quotidienne et de le valoriser grâce à la vidéo pourquoi pas ?


Amadou Tall

Ousmane Yabo est directeur de Tango.
Amadou Tall est consultant en management et en ingénierie de projet dans les domaines de l’agriculture, l’environnement, la pêche et les ressources humaines. Il est en même temps partie prenante du pilotage de Tango.


Pour en savoir plus sur Africités

Liens docs sur la gouvernance Liens vers autres portraits Fadel, Sidiki Daff DPH 6312, 6004, 5613


Serekunda - Gambie, le 22 mai 2004


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