L’au nom des autres de Urbain Badji

Les hommes de religion ont quelque chose de fascinant : d’un côté leur engagement spirituel et de l’autre, une attitude très ordinaire et pleine de simplicité. Urbain Badji en est un. Enfin presque... posé, le regard serein, il annonce avoir parcouru une vingtaine de pays pour colporter sa foi catholique et aider les plus démunis.



Urbain a parcouru un peu d’Europe, un peu d’Afrique et un peu d’Asie.
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De 1989 à 1999, il est en mission pastorale en Suisse, en France, en Lituanie, en Estonie, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Guinée équatoriale et Conakry, au Togo, au Bénin, au Nigeria, en Sierra Léone et au Gabon. Il donne des cours dans les écoles catholiques, il écoute et il soigne de ses mots, les maux de celles et ceux qui passent une partie de leur vie en prison. En 1999, après la disparition dramatique de deux de ses confrères au Sierra Léone, il décide de changer de cap. Il suit une formation d’infirmier sur Dakar toujours dans l’obédience catholique et se rend en Inde, en Thaïlande et au Surinam. Rien que ça !


Il est rare qu’un sénégalais né en 1969 à Ziguinchor en Casamance ait pu autant voyager. Il a pu obtenir tous ses visas grâce à sa mission catholique bien circonscrite et transparente aux yeux des administrations douanières. Ses pérégrinations lui ont montré une extraordinaire diversité de cultures mais aussi une unité des êtres qu’il a rencontrés. « Comme un panier de mangue où il y a plusieurs variétés, le fruit est toujours la mangue ! C’est la même chose avec les êtres. J’ai constaté souvent une même conscience et un même attirance vers la religion. Les idéologies peuvent être vraiment différentes d’un pays à l’autre. On peut vraiment rêver qu’un jour, une éthique commune puisse naître à l’échelle de ma communauté mondiale. Je crois que pour l’instant, cela ne peut être que virtuel ».


Urbain trouve très simplement sa joie de vivre dans le respect et le temps qu’il peut consacrer à autrui et la possibilité de réunir des gens différents. « C’est une vocation chez moi : je dois aider les autres parfois au prix de sacrifices, mais le partage est une valeur souveraine. C’est la religion catholique qui m’a amené à cela. Je me demande vraiment comment font ceux qui sont dans un rapport de domination et d’accumulation des biens. Quel est le sens de leur vie ? Cela relève du miracle à mon sens de faire passer ces personnes du côté du partage. Pourtant, j’y crois. Je crois beaucoup au pouvoir de l’écrit notamment » .


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Mon rêve serait de fonder une structure qui puisse aider ceux qui m’ont aidé dans mon apprentissage .






Urbain Badji est actuellement infirmier à l’hôpital régional de Tambacounda dans la partie orientale du Sénégal. Ses voyages ne s’arrêteront pas là. Prochaine destination : Strasbourg, en France, où il entamera d’ici deux mois une formation d’infirmier-urgentiste. Il souhaite ensuite revenir et poser l’ancre au Sénégal. On en reparlera... n’est-ce pas Urbain ?




Tambacounda, le 3 juillet 2004




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